Le lac de Caillauas (La Neste du Louron )

Le lac de Caillauas, vaste et profond de 100 m .
Le lac de Caillauas, vaste et profond de 100 m .

Le Lac de Caillauas 2158 m.

Départ très matinal en ce dimanche de début juillet pour une randonnée lointaine en direction de Loudenvielle dans la vallée du Louron. Après avoir contourné le superbe lac de Loudenvielle par sa droite, la route emprunte la Neste du Louron jusqu’à son terminus à la centrale électrique de Tramezaygues à 1280 m, où le parking est déjà presque saturée.

La randonnée débute ici au lieu-dit Pont de Prat, l’itinéraire est celui de la Haute Randonnée Pyrénéenne (HRP ). Le sentier d’abord forestier, déroule tranquillement ses lacets et s’élève assez franchement avant de déboucher à flanc de falaises. Un parapet a été construit par sécurité au- dessus des gorges de Clarabide. Ce chemin horizontal creusé dans la falaise pour les besoins de travaux tels que la retenue du lac de Caillauas, le captage de l’eau, la construction de la centrale électrique et bien entendu les locaux pour le personnel ouvrier, rappelle beaucoup le Chemin de la Mâture en vallée d’Aspe. A l’entrée de la gorge, une niche a été aménagée dans la paroi pour recevoir la Vierge dite la Sancette, une protection pour les ouvriers ? Toujours est-il qu’elle est toujours fleurie par des fleurs sauvages coupées par quelques randonneurs au cours de la montée ou de la descente ?

L’à-pic est impressionnant, d’autant plus que brume et brouillard qui montent en dissimulent le fond. Seul le bruit du torrent qui nous parvient assourdi laisse supposer la profondeur de cette gorge. Le sentier descend légèrement à l’approche des bâtiments, une passerelle permet de franchir le torrent, et s’élève à nouveau jusqu’au refuge de la Soula 1690 m à côté de la centrale dont son ronronnement continu peut produire un effet apaisant.

Le sentier bifurque à gauche, laissant à droite le refuge et juste au-dessus, une belle cascade coule sur une large dalle de pierre lisse. Le petit ruisseau qui l’alimente, bordé de pins à crochets, est vraiment le lieu idéal pour une première pause bien méritée. Nous sommes sur la HPR, longue montée sur un sentier caillouteux, entrecoupés de « raccourcis « encore plus caillouteux rendant la montée plus pénible. Mais on sait que la beauté n’a pas de prix et il faut savoir souffrir en silence. Enfin, le lac apparait, né de la construction du barrage, larme de saphir enchâssée dans un univers de gris et de vert. Il est connu pour être le lac le plus profond des Pyrénées, 100 m et aussi très vaste. Cerné par les falaises, ses rives ne permettent pas d’y accéder, et on y devine des eaux très glaciales.

Sa situation très encaissé profite au vent qui s’engouffre dans cette cuvette, provoque, risée et vaguelettes frangées d’écume….En empruntant la passerelle qui surmonte le barrage, on gagne un flanc de montagne ensoleillé et abrité du vent, où un replat invite à poser les sacs à dos pour un repas et un repos réparateur bien mérités. Au pied du barrage, un abri en dur vacant peut aussi servir pour passer une nuit, aux randonneurs désireux continuer la HPR vers le Luchonnais. Mais là, c’est un autre monde, le monde où le minéral affronte le glacier par le col des Gourgs Blancs afin de rejoindre le refuge du Portillon à 2671 m. Pour l’instant nous sommes au lac et nous admirons tout à loisir la montagne de Caillauas, barrière rocheuse dominant le lac, le pic Hourgade 2964 m. A l’est, au centre, trône le pic Gourdon 3034 m , encadré par le pic des Gourgs Blancs 3129 m et le pic des Spijeoles 3006 m, sommets du Massif du Luchonnais. D’abord dissimulés à nos regards, ces sommets nous sont apparus alors que nous amorçions notre descente. Empruntant à nouveau l’itinéraire du matin, nous faisons une dernière halte rafraichissante au pied de la cascade, avant de déposer quelques fleurs sauvages au pied de la Sancette pour nous avoir offert une magnifique journée.

Georges